Aliénation et authenticité : Rousseau et le rousseauisme dans la critique sociale romantique

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01/12/2011 - 17:00 - 23/02/2012 - 19:00
adresse: 

EHESS-Paris

(salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris)

 

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2011/ue/587/

  • Activités extérieures des résidents

1.   Présentation du cours :

 

À l’occasion du troisième centenaire de la naissance de Rousseau, je propose un bilan de l’héritage de sa pensée dans la critique sociale moderne et notamment dans sa tradition « romantique », cette dénonciation de la modernité qui jaillit de la perception d’une rupture historique et métaphysique par rapport à une condition originaire où la vie humaine serait menée sous une forme plus naturelle, plus belle et plus vraie. Se réclamant de la puissance normative de l’idée de nature, le critique romantique oppose la « vie aliénée » de la société présente à la « vie authentique », dont il peint une image puissamment évocatrice. Son refus du présent s’enracine dans un sentiment profond d’insatisfaction à l’égard de la modernité, un malaise qui est à la fois moral et esthétique. Imbibé de nostalgie pour un passé innocent et mythique, il aboutit souvent à une prise de position personnelle et à l’invention d’une manière de vivre spécifique, où l’individualisme exaspéré et le repli sur soi se mêlent à l’exhibition, à la recherche du scandale et de la provocation publique.

De cette figure très particulière de la critique, qui a marqué non seulement la philosophie mais aussi la culture et l’art des trois derniers siècles, en inspirant directement ou indirectement la rébellion de l’artiste moderne, certaines pratiques sociales de contestation (vie de bohème, contre-culture, Mai 68, new age), des figures d’auteurs comme Guy Debord ou Pier Paolo Pasolini, le rousseauisme peut être considéré comme le modèle fondateur. C’est pourquoi j’entends mener une analyse approfondie de l’œuvre de Rousseau, en réfléchissant sur ses structures conceptuelles (notamment les oppositions nature/culture, individu/société, authenticité/aliénation), sur le rapport entre pensée et vie (le rousseauisme), sur sa composante esthétique (le rôle des arts dans la critique sociale, la fusion entre littérature et philosophie, la tendance à l’œuvre d’art totale), sur sa puissance symbolique et émotionnelle ainsi que sur sa cohérence et ses contradictions. Comprendre le romantisme rousseauiste peut en effet nous aider à comprendre l’un des courants majeurs de la pensée sociale moderne – et certainement à mieux nous comprendre nous-mêmes.

 

 

2.    Programme provisoire des séances:

 

 

1.    1/12/2011 : Rousseau inventeur de la critique sociale romantique

Présentation du cours. La fondation de la critique sociale à l’âge des Lumières et ses conditions philosophiques. La figure du « critique par profession » et la diagnose des pathologies du social (A. Honneth). Le courant de la critique romantique de la modernité (M. Löwy, R. Sayre).

 

 

8/12/2011 : pas de séance de séminaire. Conférence sur Rousseau à Paris III.

 

 

215/12/2011 :  Sentiment de l’aliénation et critique de la modernité

L'arrivée de Rousseau à Paris. Parler au nom de l'humanité : le prophétisme critique. La position de l’inactualité. Les deux Discours.

 

 

3.    5/01/2012 : Le couple normatif aliénation/authenticité et sa fortune philosophique sur la longue durée.

 

 

4.    12/01/2012: L’idée de nature: norme et nostalgie. Les formes de la vie authentique: figures et mythes de l’intégrité romantique (le sauvage, l'enfance, le peuple, le "moi naturel").

 

 

5.    19/01/2012: Le rousseauisme comme style de vie: scandale, individualisme, exemplarité personnelle (Pierre Hadot).

 

 

 

6.    26/01/2012: Critique et subversion: l’héritage du cynisme (Diogène, Michel Foucault, Peter Sloterdijk) et la nouvelle radicalité romantique. Invité: Antoine Lilti (EHESS).

 

 

7.    2/02/2012: Critique et esthétique: la figure du « critique poète », le rôle des arts, la vie de bohème, la critique artiste (de Rousseau à Marcuse et Boltanski).

 

 

8.   9/02/2012: Néo-rousseauismes: le romantisme critique de Guy Debord. (Projection d'extraits de La société du spectacle et In girum imus nocte et consumimur igni).

 

 

9.  16/02/2012: Néo-rousseauismes: théories de l’authenticité réflexive (Charles Taylor, Charles Larmore, Alessandro Ferrara). Invités : Giulia Oskian (Sciences Po), Nicolas Voeltzel (Paris XII) .

 

 

10.  23/02/2012: Néo-rousseauismes: le romantisme politique et sa critique (Carl Schmitt, Helmuth Plessner, Walter Benjamin). Invité : Emanuele Coccia (EHESS).

 

 

11. 01/03/2012: Néo-rousseauismes: Pier Paolo Pasolini. Invités : Raffaele Donnarumma (Université de Pise), Marielle Macé (CNRS/EHESS).

 

 

Dans le cadre du séminaire :

06/01/2012 : 14h-16h 

Présentation du livre de Barbara Carnevali, Romantisme et reconnaissance. Figures de la conscience chez Rousseau, Genève, Droz, 2012.

Avec Claude Habib, Antoine Lilti, Céline Spector.

IEA-Paris, Maison Suger, 16-18 rue Suger, 75006 Paris.

 

http://www.paris-iea.fr/evenement/presentation-du-livre-de-barbara-carnevali-romantisme-et-reconnaissance-figures-de-la-cons

résidents: 

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